ARCHEOLOGIE
« C'est un magnifique torse d'Apollon en marbre qui vous 
accueille majestueusement dès l'entrée de l'appartement de la 
rue de Babylone. Ce torse, de taille réelle est un travail romain
inspiré par l'Apollon Lykeios, que l'on attribue au sculpteur grec
Praxitèle, (4ème siècle avant notre ère). La collection est 
constituée de quelques superbes oeuvres d'art du monde 
antique, tel un impressionnant Minotaure trônant 
majestueusement au centre du jardin. Il s'agit d'un travail 
romain excessivement rare et intéressant. Le monstre à tête 
de taureau faisait sans doute partie d'un groupe de sculptures 
représentant le combat mortel contre le héros Thésée dans le 
labyrinthe crétois. »
Max Bernheimer,
Directeur international du Département d'Archéologie
Rome, 1er-2ème siècle après JC
Torse masculin, marbre
Estimation : € 200.000-300.000
Il vend. Sa décision est radicale. Il vend. Et tourne la page. Ce n'est pas simple. Presque 
cinquante années d'une vie. Et des souvenirs éminemment intimes. Mais Pierre Bergé 
déteste la nostalgie, et regarde l'avenir. Il a des idées, des projets, quelques passions 
intactes, il en reparlera. Mais vendre est comme un préalable.
Vendre "la" collection. Vendre l'ensemble complet des trésors, chefs-d'oeuvre, merveilles 
de l'art rassemblés par lui-même et son compagnon, le couturier Yves Saint Laurent, durant
des décennies. Des pièces d'exception puisque c'était le seul critère de ce couple d'esthètes
partageant un même goût. "Nous avons attendu d'avoir ce qui s'appelle de l'argent pour 
toucher à l'art avec un grand "A". Plutôt un mur vide qu'un tableau médiocre !"
Des splendeurs choisies une par une, admirées, cajolées et intégrées au fil des ans et des 
coups de coeur dans un ensemble d'une force et d'une cohérence parfaites. Des meubles et
des tableaux, des bronzes et des émaux, de l'art chinois, de l'Art déco, des objets en or, en 
argent, en vermeil, en ivoire, de la Renaissance ou du XVIIIe siècle, et des statues 
antiques, et des toiles mythiques : Géricault, Picasso, Cézanne, Matisse, Manet, Vuillard, 
Gauguin, Munch, Mondrian, Léger...
Il vend et le monde de l'art - acheteurs, galeristes, antiquaires, conservateurs de musée - 
frémit et bruisse de mille rumeurs, mille interrogations. Est-il possible, vraiment, qu'on 
disperse la collection ? Sait-on si le magnifique tableau de James Ensor Le Désespoir de 
Pierrot fera partie de la vente ? Le Musée d'Orsay est-il sur les rangs ? Qu'en est-il de cette 
oeuvre de Marcel Duchamp intitulée Belle haleine, eau de voilette ? Le Centre Pompidou 
sera-t-il acquéreur ? Quelle en sera la valeur ? Y aura-t-il les dessins d'Ingres ? 
L'autoportrait de David ? Un bois sculpté de Brancusi ?... 
Pierre Bergé sourit, conscient de l'excitation croissante, et de cette onde de rêves, de 
fantasmes, de désirs, propagée par l'annonce de sa décision. Oui, toute la collection sera 
mise en vente. A Paris. Les 23, 24, 25 février 2009. Plus de 700 pièces. Et toutes dans 
l'excellence. Il ne gardera qu'une sculpture africaine, l'oiseau mythique sénoufo, qui, toutes
ailes déployées, veille encore sur le salon d'Yves Saint Laurent et fut la première pièce 
achetée avec le couturier. Et puis le portrait d'Yves, peint par leur ami Warhol.
Oui, l'évaluation officielle se situe bien entre 200 et 300 millions d'euros : 15-20 millions 
d'euros pour le tableau de Matisse Les Coucous sur le tapis bleu et rose ; 30 à 40 millions 
d'euros pour celui de Picasso Instrument de musique sur un guéridon. Mais les 
professionnels parient sur une explosion de records et une vente globale d'au moins 500 
millions d'euros.
Depuis le début de l'été, des courriels, des courriers, des appels émanent du monde entier. 
Des collectionneurs dispersés en Europe et en Amérique, mais aussi à Pékin, Shanghaï, 
Moscou, Tokyo, Dubaï exigent d'être informés avant même la finition du catalogue. Quand 
? Où ? Quoi ? Combien ? Une expression revient sur toutes les lèvres : "Ce sera la vente du
siècle." Vraiment ? "Sans aucun doute !", assurent dans un même élan marchands et 
collectionneurs


SUITE DE L'ARTICLE D'ANNICK COJEAN
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« J'ai une passion pour les maisons », avoue dès la première 
ligne de sa préface Christiane de Nicolay-Mazery, l'auteur de ce
bel ouvrage découpé en neuf chapitres correspondant chacun à 
une demeure d'exception. Si l'on s'agace aussitôt d' voir figurer 
pour la énième fois les jardins ombragés de Courances, l'ancien
aménagement de l'appartement de Jacques Grange au Palais 
Royal, la maison de Lèves de Madeleine Castaing ou le décor 
1900 de Benerville, subsistent tout de même de jolies surprises.
Grâce aux superbes photographies de Christina 
Vervitsioti-Missoffe, on est heureux de retrouver l'atmosphère 
chaude et romantique de la datcha du parc de Château Gabriel 
dessinée par Grange pour Saint Laurent, celle Grand Siècle du 
château du Jonchet d'Hubert de Givenchy peuplé de ses 
dessins et de meubles de Diego Giacometti, celle proustienne et
bleutée d'un château du Morvan, celle victorienne d'un intérieur 
parisien marqué par la patte érudite de François-Joseph Graff 
ou l'ambiance Nouvelle-Athènes voulue par des collectionneurs 
pour leur appartement du côté de la Butte-aux-cailles.

Guy Boyer

Flammarion, 264 p., 300 ill., 65 €
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